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Au premier plan, le réalisateur Philippe Muyl et, en noir, le directeur de la photographie Sun Ming.

Rencontre avec le producteur français (Envision Films) du film franco-chinois « Le promeneur d’oiseau », de Philippe Muyl, racontant le voyage d’une fillette et de
son grand-père transportant un oiseau à travers la Chine.
Un film inspiré
du « Papillon », avec Michel Serrault, tourné en 2002 et mis en scène par le même réalisateur.

Comment avez-vous eu l’idée d’adapter ce film en Chine ? Pourquoi l’avoir choisi ?

C’est une histoire assez personnelle. Lorsque j’ai rencontré mon épouse chinoise, qui du reste était étudiante à l’Alliance française de Pékin, la sonnerie de son téléphone était la chanson du film Le Papillon, alors très célèbre en Chine. M’intéressant moi-même au cinéma et collaborant avec les organisateurs du festival « Panorama du cinéma français », et ma femme ancienne comédienne travaillant dans le monde de la télévision chinoise depuis longtemps, c’est de façon assez naturelle que, lorsqu’a germé l’idée de produire ensemble un film, nous avons pensé au film Le Papillon, qui était très connu en Chine.

Qui plus est, j’avais eu la chance de rencontrer le réalisateur Philippe Muyl en 2009 lorsqu’il était venu présenter son film Magique à Pékin. C’est donc petit à petit que les choses se sont faites : des échanges d’emails, des rendez-vous à Paris, jusqu’au lancement officiel du projet en octobre 2010. Il s’agit avant tout d’une aventure humaine, ce genre de projet ne pouvant fonctionner que si le courant passe entre les différents intervenants. Il était important de faire ce film entre personnes de même sensibilité. Dans sa filmographie, à trois reprises Philippe Muyl a mis en scène des enfants, dans un univers très poétique. Je retrouve énormément dans ces films l’ambiance des films d’animation d’Hayao Miyazaki, dont je suis un grand fan. Les images du Promeneur d’oiseau m’y font énormément penser.

Il semble qu’une chanson du film soit très connue en Chine. Comment l’expliquer ?

Là encore, c’est grâce à l’Alliance française ! Cette chanson étant basée sur un dialogue entre un grand-père et sa petite-fille, les paroles sont assez faciles à comprendre, et beaucoup de professeurs de l’Alliance l’ont utilisée dans leurs cours, participant ainsi à l’impressionnant succès de ce morceau en Chine. Même le comédien Jackie Chan la connaît en chinois ! Cette anecdote a été racontée par le compositeur lui-même, qui a composé la musique du film Shaolin.

Vous êtes en train de produire ce film en Chine. Est-ce une coproduction franco-chinoise ?

Nous venons de finir le tournage de ce film, l’idée étant de s’inspirer des éléments qui ont fait le succès du Papillon – la relation entre un grand-père et une petite fille, sa petite-fille dans notre film – pour les replacer dans le contexte chinois. Nous souhaitons inscrire le film dans l’accord de coproduction franco-chinois – ce serait le deuxième projet binational à se baser sur cet accord – pour nous permettre de le présenter plus facilement aux publics des deux pays. Cet accord fait bénéficier au film de la double nationalité. En France, il sera distribué par UGC, en Chine par Stellar.

Quels acteurs chinois avez-vous choisis ? Où a été tourné le film ? 

Nous avons choisi Li Bao Tian pour interpréter le grand-père, il a joué dans deux grands films de Zhang Yimou, Judou et Shanghai triad ; Li Xiao Ran pour interpréter la mère, elle est connue pour son rôle dans le film Les filles du botaniste de Dai Si Jie ; Qin Hao joue le rôle du père, il était à Cannes cette année pour un film en sélection, Mystery, de Lou Ye ; et enfin la formidable petite comédienne Yang Xin Yi. Le film a principalement été tourné à Pékin et dans la province du Guangxi, à Yangshuo, Guilin, et près de Sanjiang, dans des villages de minorité Dong, avec un dernier jour de tournage à Paris.

Quelles ont été les contraintes pour l’adaptation du film en chinois et le tournage ?

Nombreuses ! Elles ont bien entendu été majoritairement d’ordre culturel et linguistique, la communication entre les deux équipes étant tout de même assez difficile, malgré la présence de nombreux interprètes. Avec une équipe franco-chinoise de presque cent personnes, il est difficile de répondre aux besoins de chacun, notamment pour des Français dont la majorité découvrait la Chine pour la première fois. Cela est particulièrement vrai pour les rapports entre le réalisateur et les comédiens, qui ne répondent forcément pas de la même façon qu’une équipe francophone…

Le fait que la partie la plus longue du tournage se soit faite dans un milieu très rural a aussi compliqué les choses, notamment en termes logistiques (transport, structures d’accueil, etc.). Cependant, la bonne humeur était toujours présente en fin de journée !

Quand ce film sortira-t-il sur les écrans ?

Le film entre en post-production en France ; nous prévoyons une sortie pour l’été 2013.

Que retenez-vous de cette aventure ?

A ce stade, nous n’en sommes qu’à mi-chemin et je ne peux que parler au présent ! Pour cette première expérience de production, les conditions d’un tournage en Chine, nécessairement moins aisées qu’en France, m’ont permis d’apprendre beaucoup et de réduire l’écart entre ma vision passionnée du cinéma et l’épreuve des faits, le principe de réalité. Ma modeste expérience venait de la production d’un court métrage, La Pomme rouge, que nous avons réalisé l’année dernière avec Philippe Muyl. Même si c’était un bon galop d’essai, difficile de comparer deux journées de tournage et neuf semaines. Je réalise que vivre les choses de l’intérieur a des répercussions sur la vision du cinéma. Je ne regarderai plus jamais un film de la même façon.

Aujourd’hui, je souhaite que ce film connaisse le succès dans nos deux pays, car c’est une première expérience de ce type, et j’aimerais beaucoup que son exemple permette à nombre d’autres projets binationaux de voir le jour. J’ai eu la chance de rencontrer le réalisateur Jean-Jacques Annaud, qui est également en plein lancement de son projet chinois. Nous continuons à échanger sur cette expérience. C’est une très belle victoire pour la Chine que les Etats-Unis ne soient plus le seul pays à attirer des réalisateurs français.

propos recueillis par François Chambraud

Li Bao Tian, le grand-père, et Yang Xin Yi sillonnent la Chine avec un oiseau.

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steve rené, producteur du « promeneur d’oiseau », adaptation du film français « le papillon »

« Le film Le Papillon était très connu en Chine »

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Retour sur certains projets du réseau Chine en 2012.

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