Lectures-spectacles

d’œuvres littéraires françaises et rencontres en Chine

Le jeudi 13 mars à 16h00

Alliance française de Pékin site de BLCU
Bâtiment 2 Salle 336

Depuis sa création en 2010, la Fondation France-Chine a pour vocation de favoriser les échanges entre la France et la Chine dans tous les domaines, y compris le culturel qui permet d’une meilleure compréhension réciproque. Lors du 50e anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques entre nos deux pays en 2014, la Fondation voit le moment opportun de se consacrer davantage dans ce domaine et proposera les projets en mesure d’asseoir un plus grand rayonnement des deux cultures. Dans ce contexte, nous nous sommes associés à Mme Michèle Sigal pour vous présenter ce projet lectures-spectacles. Le projet que nous souhaitons développer s’inscrit dans le prolongement des deux activités de Mme Sigal : comédienne et écrivain, qui témoignent d’une même préoccupation et fascination pour la langue et la littérature.Au cœur de ces deux activités, la lecture est quant à elle l’occasion d’une rencontre, d’un partage et d’un échange de points de vue et de sensibilité avec un public. Les lectures-spectacles Il s’agit d’une mise en espace d’extraits choisis parmi les œuvres de Victor Hugo, Marguerite Duras et Pierre Michon, accompagnée par un(e) musicien(ne) pianiste ou violoncelliste. Nous aimerions proposer ces lectures-spectacles aux départements de langue et littérature françaises d’universités chinoises, des Alliances françaises en Chine ou autres instituts qui promeuvent la langue et la culture françaises. Chacune de ces lectures sera suivie d’une rencontre et d’un échange avec le public. La partie musicale sera assurée par un(e) musicien(ne) chinois(e) recruté(e) sur place. Les morceaux musicaux auront été préalablement choisis.La durée du spectacle sera de 60 à 75 minutes.La jauge : La lecture-spectacle est comparable à la musique de chambre en ce sens qu’elle requiert une certaine intimité, c’est-à-dire une jauge qui n’excède pas, si possible, 150 personnes. Le choix des textes et des auteurs Les textes que Mme Sigal a choisis, et dont elle assure le montage, sont les suivants : — « Le Père du texte » in Trois auteurs de Pierre Michon (texte complet)— La Pluie d’été de Marguerite Duras (extrait)— « Le Massacre de la Saint-Barthélemy » in Quatre-vingt treize de Victor Hugo (extrait) L’ambition du projet est de présenter à des spectateurs chinois trois grands écrivains français dont l’écriture et la personnalité sont particulièrement fortes, et qui s’inscrivent dans l’histoire de la littérature française, passée, récente, ou encore en train de s’écrire. Sans chercher à établir une filiation directe entre ces auteurs, ces choix sont faits avec un souci de cohérence thématique que la lecture rendra sensible par un jeu d’échos et de correspondances qui permettra de faire circuler du sens, des images, des références, et d’instaurer ainsi un dialogue indirect entre ces trois visions du monde et de l’engagement littéraire. Les trois textes ont, en effet, pour point commun de relater une rencontre décisive avec le livre et de mettre en scène l’acte de lecture lui-même, chacun d’eux en offrant un traitement stylistique singulier et une vision profondément paradoxale. Dans Le Père du texte, Pierre Michon raconte comment sa rencontre avec l’œuvre et l’écriture de William Faulkner l’a révélé à lui-même en tant qu’écrivain et a déclenché sa propre écriture. Plus précisément, il décrit comment il s’est littéralement nourri de l’énergie qui circule dans l’écriture de Faulkner — c’est-à-dire du sang qui l’irrigue — conférant ainsi à l’acte de lire une dimension vampirique. Expérience fondatrice, donc, qui va bien au-delà d’une simple influence et préside à la naissance d’un écrivain. Dans La Pluie d’été, Marguerite Duras raconte l’histoire d’Ernesto, douze ans, aîné d’une nombreuse fratrie, dont la famille, issue de l’émigration, vit en banlieue parisienne, en marge de la société. Un jour, le gamin trouve dans une poubelle un livre meurtri, dont il manque une partie. Intrigué par ce livre, il se plonge dans sa lecture. Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il ne sait pas lire, Ernesto répond que cela ne l’empêche pas de comprendre le livre, car pour lui, lire c’est faire dire à chaque mot ce que lui-même voit ou ressent, c’est imposer sa propre vision ou connaissance du monde, bref, c’est créer son propre livre, à la manière d’un petit dieu analphabète. De cette expérience, il tirera d’abord un bonheur envoûtant, mais contradictoire, qui débouchera sur une angoisse, marquant la fin de l’enfance, la perte de l’innocence et un questionnement sur le devenir adulte. Dans le chapitre intitulé « Le Massacre de la Saint-Barthélemy » extrait de Quatre-vingt treize, roman sur la Révolution française, Victor Hugo met en scène trois très jeunes enfants misérables et analphabètes qui découvrent un livre, objet aussi rare qu’imposant, qu’ils vont détruire consciencieusement, en toute innocence. Il décrit de façon saisissante le plaisir que les enfants prennent à annihiler toute lecture en réduisant ce monument du savoir et de la littérature en petits bouts de papier emportés par le vent. Ils le détruisent avec une telle délectation, une telle jouissance, que le saccage auquel ils se livrent s’apparente à un acte d’anthropophagie. Ces trois auteurs portent ainsi, chacun à sa manière, un regard sur le monde, l’époque et la société dans lesquels ils vivent, regard soutenu par une écriture et une langue riche et vivante qui renouvelle et questionne notre propre vision du monde. Un accompagnement musical apportera une plus grande fluidité à la lecture tout en élargissant l’imaginaire des auditeurs.