Pascal Taranto, Directeur du département de philosophie de l’Université de Nantes

Les philosophes ont longtemps cherché au ciel ce qui distinguait l’homme de l’animal, alors que la réponse était dans leur assiette : aucun animal ne sait se faire cuire un oeuf. On aimerait que le philosophe ait quelque chose à dire là-dessus, et qu’il ne se contentât point de manger, comme tout le monde ; mais il semble qu’il n’y ait rien à dire de philosophique quand la trivialité est telle que tout le monde, au fond, en sait autant que le philosophe.

Voilà pourquoi, disait Vauvenargues, « on goûte médiocrement les philosophes : ils ne nous parlent pas assez des choses que nous savons. » La sociologie, l’histoire, l’anthropologie, qui veulent, elles, nous apprendre des choses que nous ne savons pas, se partagent le discours savant sur l’alimentation, le goût et la cuisine. Dis-moi d’où tu viens, je te dirai ce que tu manges ; dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. Penché sur son assiette où il cherche l’Homme avec sa fourchette comme autrefois Diogène avec une lanterne, le philosophe ne saurait se contenter de prendre acte des aléas d’une pratique. Il veut des lois, des normes, de la transcendance. Y a-t-il des règles nécessaires qui définissent la meilleure façon de manger ?

Existe-t-il quelque chose comme l’omelette idéale ou la meilleure blanquette de veau ? Voilà bien des questions pour un philosophe.

Pascal Taranto en tournée en Chine :

13/11 : Chengdu 成都

12/11 : Wuhan 武汉

09/11 : Shanghai 上海

07/11 : Dalian 大连

05/11 : Qingdao 青岛

02/11 : Jinan 济南

salle 1520 de batiment de Zhixi au Nouveau campus de l’Université du Shandong.

01/11 : Tianjin 天津

31/10 : Beijing 北京